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François GAUDU est décédé le 3 janvier
François GAUDU est décédé le 3 janvier, vaincu par la maladie. Il semblait pourtant invincible, tant il donnait l'image de la force, celle que donne l'engagement dans l'action.
Son action avait l'Université pour domaine éminent. Agrégé d'histoire, il s'était ensuite tourné vers le droit. Un doctorat de droit, préparé sous l'oil bienveillant et souvent admiratif de Gérard Lyon-Caen, l'agrégation de droit privé, son parcours académique fut brillant. Il aimait d'ailleurs vanter les mérites de ces concours qui éloignent en principe des pratiques népotiques.
S'il était un savant, un juriste épanoui, un « juslaboriste » connu ici et ailleurs, il était avant tout un grand universitaire. Il aimait l'institution universitaire et les lumières qu'elle apporte. Professeur à l'Université du Maine, puis à l'Université de Cergy-Pontoise, avant d'être appelé à l'Université de Paris I, où il avait fait ses débuts, il ne refusait jamais d'apporter son concours à une réflexion critique, à une réforme ambitieuse, à la gestion des universités. Il aimait l'enseignement, passant d'un amphithéâtre bondé de première année à une salle de séminaire, avec un plaisir jamais démenti. Il est vrai qu'il avait tous les dons : d'une belle voix forte, il savait tour à tour dresser une fresque historique, proposer l'analyse d'un dispositif juridique, dénoncer les erreurs commises, tracer des perspectives...
Il alliait pédagogie et sens critique. Ainsi avait-il, de temps à autre, publié des ouvrages destinés à l'apprentissage, tels son « Que sais-je » Les 100 mots du droit ou son Cours de droit du travail. Mais il avait une pensée puissante. Ses livres - on songe au traité sur Les contrats du travail, dont il est le co-auteur. - et ses nombreux articles sont le fruit d'une remarquable combinaison : une vaste culture historique donnant plus de place aux forces qu'aux individus, une intimité profonde avec l'outillage du droit et une capacité hors du commun d'interpréter le droit et son évolution. Et couronnant le tout, une conviction. Car François GAUDU était homme de conviction. Qu'il s'agisse de l'ampleur du rôle que le droit occupe dans la construction et le fonctionnement du marché du travail, des libertés dans les lieux de travail, et notamment de l'importance du respect mutuel, qu'il s'agisse encore du rôle de la volonté ou de l'importance de la négociation collective, comme des grandes mutations du capitalisme contemporain dans leurs incidences sur la condition des travailleurs, il livrait des analyses vigoureuses, d'où les propos convenus étaient absents. Jamais de fadeur, toujours les épices critiques.
Son sens critique était aiguisé par son adhésion profonde aux valeurs de la République. Il y puisait d'ailleurs une énergie toujours renouvelée, celle qu'exige le combat contre les menaces qui pèsent sur notre savoir-vivre ensemble.
Authentique républicain, grand universitaire, savant, original, il excella dans des activités difficiles, auxquelles peu de juristes universitaires consacrent du temps et de l'énergie, l'animation de la recherche, notamment auprès de feu le Commissariat au Plan et du Ministère de la Recherche.
Mais ce à quoi il était mieux préparé que d'autres, par ses goûts et talents personnels, par son milieu familial, c'était à l'ouverture au monde. François GAUDU inscrivait son travail dans les dimensions d'un monde décloisonné, dont il saisissait les déséquilibres et les injustices. Nombre de ses travaux ont montré la corrosion des institutions par la libéralisation mal maîtrisée des échanges. Et il faisait entendre une voix originale dans les multiples séminaires et conférences auxquels il était convié en Europe et en Asie.
Et lorsqu'en 2009, l'Association française de droit du travail et de la sécurité sociale en fit son président, il manifesta, dans ses propos et ses actions, l'importance qu'il attribuait à l'inscription de l'Association dans le réseau mondial des spécialistes du droit social. C'est une grande et belle figure de l'Université et du droit du travail qui vient de disparaître à 58 ans. Elle va manquer en ces temps tourmentés.
Antoine Lyon-Caen - Antoine Jeammaud - Martine Le Friant
Pierre Lanquetin est décédé le 5 juin 2011
Notre ami Pierre Lanquetin est décédé.
Universitaire, responsable juridique de la CFDT, puis Conseiller à la Chambre sociale de la Cour de cassation, Pierre Lanquetin a illustré plusieurs facettes de l'activité de juriste du travail.
Il a participé très activement et utilement aux activités de l'AFDT.
Nous présentons à sa famille nos plus sincères condoléances.
Le bureau de l'AFDT.